Avertissement : Si vous aimez le Skate, le Snow ou les bordées, Borderlands ne vous est pas spécialement dédié . Ce RPS (mix de RPG et FPS), mélange improbable de Mad Max et de cartoon, n'a qu'un but : vous divertir. Y parvient-il ? That is the question. Mettez vos Stetson, vos Santiags, graissez vos armes et entrez dans la légende !

Genre : FPS/RPG/Hack'n'Slash
Studio : Gearbox Software
Editeur : 2K
Plates-formes : XBox 360, PS 3 et PC
Nombre de joueurs : 1-4
Multi : Co-op, 2-4
Sortie : 23/10/2009
Testé sur XBox 360
En automne, si les feuilles mortes se ramassent à la pelle, il en est de même pour les jeux vidéos tant les sorties sont nombreuses Dans l'ombre médiatique des blockbusters fourmillent des tas de titres méconnus ou inattendus et risquer dessus quelques dizaines d'euros est souvent délicat tant le pire et le meilleur se côtoie et tant les grosses sorties saignent à blanc notre budget jeu. Vous vous demandez ce que vaut Borderlands, vous êtes au bon endroit et c'est "là, où je t'emmènerai" comme le chante Florent Pagny sur son album ...
Ailleursland
En effet, Borderlands est une invitation au voyage et aurait pu être inspiré par notre Flo national même si, je vous rassure, il n'a pas collaboré à la Bande-Son du jeu . Dépaysant, Borderlands l'est assurément . Premièrement par son ambiance graphique, le Cell-Shading qui donne une ambiance BD, Comics ou Manga est un peu passé de mode, nos plates-formes puissantes privilégiant le plus souvent des ambiances (photo-)réalistes . Deuxièmement, par le mélange des genres . Empruntant des ingrédients au FPS, au RPG et au Hack'n'Slash, la recette est inédite et osée . Autre mélange, dans le style : La rencontre improbable du Maître du Western Sergio Leone et de Mad Max .

Les fêtes de fin d'année approchant à grand pas, il est bon de rappeler que tous les mélanges ne sont pas du meilleur goût, notamment en matière de vin . Bordeauxlands, pardon Borderlands, quoiqu'il en soit, possède un cachet unique et inimitable, tout en conservant cet agréable sentiment de familiarité en terre inconnue .
Les Aventuriers de L'Arche Perdue
Comme le film de Steven Spielberg du même nom, le ou les aventuriers, sur une planète nommée Pandore, reculée et où aucune souveraineté ne fait loi, si ce n'est celle du plus fort, vont partir en quête d'une mythique Arche . Apparaissant tous les 2 siècles, cet antique artéfact, héritage d'une civilisation alien, apportera gloire et puissance à son détenteur . Malheureusement pour vous, un tel objet suscite bien des convoitises et vous ne serez pas le(s) seul(s) à le rechercher activement.


Il était une fois dans l'Ouest
Tout commence dans un Bus à l'Américaine, type GreyHound, vous savez les bus gris alu qui arpentent les States d'est en ouest et du nord au sud . Sauf que celui-ci est customisé à la Mad Max et conduit par un baroudeur qui ne doit pas badiner avec les resquilleurs . A vous de choisir parmi ses passagers lequel vous allez incarner . Outre leurs armes de prédilection, ces 4 classes se distinguent par leurs compétences et se singularisent par le fait que chacune est dotée d'un super-pouvoir spécifique : invisibilité et super-vitesse pour la Sirène, Projection d'un Oiseau sur ses ennemis pour le Chasseur, invocation d'une tourelle de combat pour épauler le Soldat (clin d'oeil à Worms de Team 17 ?) et régénération de vie dans les corps à corps façon Berserker pour le Furieux (dont le look et l'éloquence ne sont pas sans rappeler le Heavy de l'excellent Team Fortress 2 de VaLVE) .

De la furtivité et la finesse de la Sirène à la brutalité et la poésie pugilistique du Furieux, il y en a pour tous les goûts . Niveau gestion et évolution du personnage, façon RPG, que les profanes se rassurent : Pas de caractéristiques à gérer, seulement des points de compétences à distribuer dans un arbre de compétences . Les compétences, allant de 1 à 5, sont bien décrites et optimiser certaines d'entre elles semble plus payant que de dépenser ses points dans nombre d'entre elles, d'autant que si vous regrettez la façon dont vous aurez dépensé vos points, il vous est possible de revenir sur votre choix en cours de jeu, contre un peu d'argent . Mais au commencement, vous n'avez même pas à affronter ces drames cornéliens qui n'interviennent qu'à partir du niveau 5 .
Terminus

Une fois votre perso choisi, le bus s'arrête et vous lâche sur la Route 666, en face d'une vieille station-service qui vous filera le tétanos rien qu'à la mater, au milieu de nulle part, façon Nouveau-Mexique, Arizona ou Névada . Dans ce cagnard, façon décor de western, sous un soleil de plomb, pas de trace visible de la moindre âme vivante (qui aurait envie de vivre là de toute façon ?), et vous êtes accueilli par un autochtone aussi inattendu que drôle : Une boîte de conserve sur roulette, aux faux-airs de poubelle, de la famille des Clap-Traps, qui vous servira de guide touristique dans ce trou du cul du monde à la Vallée de la Mort, si tant est qu'on puisse avoir envie d'y faire du tourisme ! Avant de figurer en bonne place dans le guide du routard, cette ville fantôme devra se débarrasser des bandes de pillards qui rôdent dans ses faubourgs . A vous de libérer Fyrestone de cette plaie, que les commerces puissent à nouveau ouvrir et que vos libérateurs vous remercient de votre bravoure en vous proposant des quêtes de plus en plus périlleuses, l'Aventure, quoi !
Nouveau Western, façon MC Solaire
Les premières sensations sont vraiment bonnes . Le moteur 3D, le Unreal Engine 3 d'Epic, réagit bien . Votre personnage peut courir, sauter, s'accroupir selon la même interface que Call of . Ca met de suite à l'aise . L'ambiance graphique est très bien rendue, les environnements en cell-shading sont chatoyants et on tombe aisément sous le charme de cette ambiance western moderne, même si, comme moi, vous n'aimez pas habituellement les graphismes en Cell-shading . On retrouve cette atmosphère de monde dévasté, où la survie est la seule motivation, où les pillards sont légion, et l'on pense directement à Fallout de Bethesda Software, l'ambiance graphique limite dépressive en moins .
En ces temps troublés, vos meilleurs arguments de diplomatie seront vos armes, et les armes vous n'en manquerez pas ! Pistolets, révolvers, mitraillettes, fusils-mitrailleurs, snipers, lances-grenades et armes éridiennes (armes aliens !) : des milliers d'armes annoncées, rien que ça ! Chaque arme est définie par sa puissance, sa précision, sa cadence de tir et sa capacité de charge . Elles sont parfois dotées d'accessoires comme des zooms, des crosses pour atténuer le recul ou augmentent les dégâts en cas de shoot critique (headshot pour les humanoïdes ou parties anatomiques spécifiques pour les créatures), les dégâts au corps à corps (coups de crosse), etc ... De plus, certaines armes ont un effet élemental (électricité, feu, explosifs, acide ...) pour vous aider à liquider plus rapidement vos ennemis . Rayon équipement toujours, des grenades de toute sorte, des mods de classe (accessoires spécifique à chaque classe de perso, donnant des bonus de compétence) et des boucliers énergétiques à la Halo parferont votre panoplie de John Wayne des temps modernes . Ces armes et accessoires se trouvent soit dans des coffres, soit dans des distributeurs de manufacturiers d'armes que vous trouverez de loin en loin, soit dans des coffres, soit en récompense de quête ou lors des drops (drop : terme de RPG signifiant lâcher aléatoire d'objets par vos ennemis vaincus) . Concernant les drops, la probabilité de récolter de "grosses" armes est optimisée par les attaques critiques . Seul bémol, la profusion d'armes peut vous tourner la tête et vous faire passer beaucoup de temps à hésiter sur laquelle est la mieux, s'accorde le mieux à votre teint, un peu comme une femme dans un magasin de chaussures (oouhh le macho !) et malgré des looks différents dans l'inventaire, elles ont toutes, plus ou moins la même dégaine au poing .
Le monde est vaste et l'explorer au pas de course vous filera vite des ampoules . Heureusement, Gearbox Software a pensé à vous . Vous pourrez prendre des voitures aux bornes auto-loc puis, un peu plus tard, bénéficier du "voyage-éclair", des bornes de téléportation pour aller et venir dans des zones que vous avez déjà explorées . Car, pour être vaste, le monde de Borderlands, l'est . Les chargements n'ont lieu qu'au passage d'une région à une autre . Les environnements visités sont assez variés même si l'ambiance western est une constante et le tout en temps semi-réel (alternance jour/nuit), même si ce cycle me semble un poil trop rapide . Le jeu ne vous proposant pas de choix de difficulté (choix n'apparaissant qu'après l'avoir fini une première fois), il m'a paru un peu facile . Il est vrai que je suis un peu maso comme joueur ! cependant, certains passages, notamment quelques bosses m'ont délicieusement compliqué l'existence (quand ils n'y ont pas mis un terme prématuré !) . Avant de rendre les armes et l'âme, vous bénéficiez d'une "seconde chance" : quelques secondes pour liquider votre assassin et si vous y parvenez, le trépas vous est épargné . Sympa, et ça donne une intensité dramatique au combat et procure de bonnes montées d'adrénaline . Car en cas de décès, vous serez clôné à la borne la plus proche mais allégé de quelques dollars, façon GTA . Plus vous êtes haut niveau, plus la note est salée .
12 salopards, 7 mercenaires, 4 Borderlanders !
Si vous n'êtes pas du genre Lucky Luke à filer seul vers de nouvelles aventures dans le soleil couchant en chantant "I'm a poor lonesome cowboy", Gearbox Software a encore pensé à vous . Que ce soit en duo en écran scindé en local, en multiconsole, ou par le live, l'aventure est jouable à 4 simultanément ! Bien sûr, le nombre et le niveau des ennemis est ajusté en conséquence et cette co-opération est nettement plus sympathique que dans nombre de jeux car réellement adaptée . Et si les ennemis ne suffisent plus à votre bonheur, ou que l'un de vos partenaires vous tape sur les nerfs, provoquez-le en duel ou réglez vos comptes avec lui, ou eux, dans l'une des arènes du jeu . Bien vu le coup des duels dans un jeu au cachet western, sauf que du coup, on en vient à regretter l'absence de modes multis classiques, surtout que certains coins du jeu auraient fait de magnifiques arènes de Deathmatch, je pense notamment à Old Haven (ci-contre) ... Mais bon, ne boudons pas notre plaisir, la co-op est un vrai plus qui démultiplie les qualités déjà évidentes du mode solo .
Verdict
